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Terreur

mercredi, janvier 6th, 2010

Depuis que j’ai lu les Cantos d’Hypérion, moi y en a être devenu un grand fan de Dan Simmons. Ce qu’il y a de bien, avec lui, c’est qu’il passe d’un genre à l’autre avec aisance. Si je l’ai abordé pour la SF (Hypérion; Ilium/Olympos), il n’en reste pas moins très bon dans le fantastique (l’échiquier du mal), le polar (teinté de fantastique, quand même), et la nouvelle (il faudra qu’un jour je m’attelle au "Styx coule à l’envers").

 Avec "Terreur", il s’attaque au roman d’aventure historique (avec toujours le côté fantastique qui s’accroche).

Avec "Terreur", il vous met dans l’ambiance.

 

 

Une ambiance glacée et humide du bout du monde. Le bout du monde le plus froid et le plus désolé qui soit: l’archipel arctique canadien, et plus précisément l’île du Roi Guillaume, haut lieu des faits qui se déroulent dans ce roman.

On suit en réalité les déboires (la bérésina!) de l’expédition de la marine royale anglaise, expédition dirigée par Lord Franklin et qui avait pour but de trouver le mythique "passage du nord-ouest" (le nord-ouest de l’atlantique, qui permettrait aux navires de toute sorte de traverser le pôle nord pour gagner le pacifique, et donc de gagner un temps précieux sur leurs trajets), cela au milieu du XIXème siècle.

Dans les faits historiques, cette expédition a été corps et biens perdue. Des explorateurs et des navires de Sa Majesté retrouvèrent ça et là quelques indices du passage des marins (des tombes; des cairns à l’intérieurs desquels étaient glissés des messages; une chaloupe  avec deux squelettes, donc l’un en pièces et portant des traces de dents, et contenant aussi des effets personnels tels des livres, de la vaisselle et des vêtements,…), ainsi que des témoignages de quelques inuits précisant qu’ils avaient vu des hommes blancs.

Nul ne su jamais vraiment ce qu’il était advenu de l’expédition. Plus de 120 hommes répartis sur 2 navires (l’Erebus et le Terror, ce dernier donnant son nom au roman). Disparus.

Et c’est là que l’imagination et la verve de Dan Simmons entrent en scène, en ajoutant à l’histoire une jeune inuit muette, ainsi qu’un monstre qui pourrait ressembler à un ours polaire s’il ne faisait 2 fois sa taille, et qui trouve un malin plaisir à poursuivre, martyriser, et mettre en pièce les marins pris au piège des glaces à quelques encâblures de l’île du Roi Guillaume, les uns après les autres.

Tout d’abord, la description des navires et de la vie des marins à leur bord est surprenant de réalisme et de détails. Simmons s’est extrêmement bien documenté. Ensuite, le froid et la glace forment un personnage de fond, omniprésent, qui agit et qui pèse sur l’environnement, sur les navires, sur les marins, et sur toutes choses. A la lecture de ces longues pages givrées, on se surprend à chercher la chaleur, à faire en sorte d’éviter les engelures, à faire attention aux trous de glace, aux crêtes de compression, aux icebergs tranchants, aux orages de grêle. On sent l’humidité s’emparer de nos vêtements et les geler. Survivre par -50°C, voire -70°C, à l’époque, c’était tout un art, que seuls les eskimos avaient appris. Les marins, bien que solides, n’étaient pas faits pour ça: le froid, les engelures, les pneumonies, le scorbut (après 3 ans coincés dans la banquise!), et les organismes sont soumis à des épreuves telles que la mort semble être le seul salut. Et la vie, comme le cite l’auteur et son personnage principal, en reprenant les mots du "léviathan", est solitaire, misérable, dangereuse, animale et brève.

solitaire comme la chose des glaces,

misérable comme les marins,

dangereuse comme le froid,

animale comme l’instinct des hommes, lorsqu’il perdent tous leurs repères, meurent de faim, se mutinent, et se tournent vers le meurtre et le cannibalisme,

brève… comme la vie (et comme la langue de Lady Silence).

 

un roman épique, d’une envergure énorme, et dont le souffle empeste la charogne et la mort. une confrontation totale entre la civilisation et la nature, entre la religion et la peur, entre les hommes et les monstres (de toutes natures) !

Avatar que j’aimais

dimanche, décembre 27th, 2009

Il y a des campagnes marketting rondement menées pour annoncer un produit extraordinaire qui est en fait totalement ordinaire. Il y a des campagnes marketting qui en font beaucoup trop pour pas grand chose. En général, les gens plongent à pieds joints dedans, pour en ressortir déçus.

Ensuite il y a les buzzs (qui sont en fait des campagnes marketting virales, ou pas loin). Et on nous en gave comme les oies et les canards avant les fêtes.

 Enfin, il y a la réalité.

Et quand la réalité s’avère être au moins aussi bien que ce que l’on nous promettait, le Pape lui même pourrait y laisser des plumes. Tiens, d’ailleurs, Benoit XVI a été agressé le soir de Noël par une folle récidiviste.

Mais alors? Qu’en était-il d’ "AVATAR"?

 

En un mot? EXTRAORDINAIRE

En deux mots? UNE CLAQUE!

En trois mots? TOUT SIMPLEMENT SUBLIME!

En quatre mots? ENORME, MAGNIFIQUE, SUPERBE, MAGIQUE!

En cinq mots? IL ME TROUE LE CUL!

En six… non j’arrête.

 

On nous avait annoncé un changement drastique dans l’ère du cinéma (tographe), et pour une fois c’est le cas. On parle là des images de synthèses et de la 3D, dont nous ne voyons plus les raccords mal foutus comme avant. On parle là de l’imagination qui n’a désormais plus de limites dans sa réalisation portée sur grand écran.

Et d’ailleurs, sans imagination, Avatar n’est rien. Car il est vrai que le scénario conçu par James Cameron, s’il ne brille pas par ses rebondissements que l’on peut voir venir comme le train à l’horizon, se révèle dans la conception du monde qui entoure les protagonistes, à savoir la planète Pandora. C’est un documentaire scientifique fiction à lui tout seul, ce qui donne toute sa force au film, ce de quoi il tire toute sa quintessence. Un film univers! Duquel on pourrait sortir des centaines d’histoires tant il est riche!

On retrouve dans Avatar les préoccupations de son auteur, tant les fonds marins (sublime végétation et superbes animaux phosporescents), que le propos écologique (honte à ceux qui n’ont jamais vu la version longue d’ "ABYSS" !). Et si Cameron s’attarde tant sur la description de ce monde, c’est parce que ce monde EST la trame. Un monde conçu dans une logique digne de l’évolution elle-même, et dans lequel la préservation de l’environnement prend tout son sens.

Je ne vais pas spoiler pour les malheureux qui n’ont pas encore chaussé leurs lunettes 3D, mais on se prend à aimer Pandora, à souhaiter qu’elle existe, et à s’y connecter comme le fond les Navis. On y projette notre propre monde, la Terre, et l’on y saisit alors tout ce que cette Terre pourrait nous donner si nous n’y étions pas attachés que par la spéculation et l’exploitation pour l’appât du gain. Pandora est notre monde. Et nous étions des Navis. Nous sommes devenus aujourd’hui des Hommes.

Comme le disent les peuples primitifs de la Terre, nous sommes "ceux qui prennent". Peuples primitifs que représentent les Navis, comme une revanche des indiens contre les colons américains, ou comme une revanche de n’importe quel peuple que les grandes puissances de ce monde ont voulu asservir pour se servir. et contre le capitalisme. on retrouve d’ailleurs dans les paroles du général de l’armée le discours de G.W.Bush; des références à l’Irak; des références au 11 septembre;…

et tout ça dans une fable à la confluence de la SF et de la fantasy portée par Hollywood. Comme quoi… on peut combattre le mal avec ses propres armes.

 

Une vraie révolution. à tous les sens du terme.

 

la fin du monde en 2012 inepties scénaristiques

vendredi, novembre 13th, 2009

J’aime les films catastrophe. en tout cas, quand on ne passe pas les 3/4 du film à se pencher sur les affaires de cul et de coeur des protagonistes, ça passe pas mal, même si le scénario est abracadabrantesque.

c’est donc le cas de 2012, que je suis allé voir hier soir.

ATTENTION: SPOILERS

2h40 (ou presque) d’engouffrage de dollars dans des effets spéciaux hallucinants. sisi, c’est très bien fait, on en aurait même peur! (rhâ, le raz-de-marée, et dire qu’on croyait être à l’abri en haute-montagne!).

tout ça à cause des neutrinos.

halala…

en fait, moi quoi m’attendait à ce que ce soit la faute à un alignement de planètes (bien que l’on sache pertinament que le 21/12/2012 il n’y aura aucun alignement de planètes),  voire à l’hypothétique Nibiru, la planète cachée (tellement bien cachée qu’elle n’existe pas), qui frôlerait la Terre, Roland Hemmerich s’est donc penché sur une cause un peu plus "scientifique" pour raconter l’effondrement de la Terre (au propre comme au figuré): le soleil et ses foutus neutrinos, qui en 2009, à cause d’une augmentation sans précédent de l’activité solaire (manque de bol, de la réalité, c’est carrément l’inverse: Soleil au calme plat ou presque…), dont le point culminant se trouvera en 2012, les neutrinos qui s’en échappent bombardent la Terre et la transforment en cocotte-minute-à-micro-ondes.

bref, à partir de là, évidemment, ça part en couilles total.

La faille de San-Andreas, d’abord, puis le Yellowstone, ensuite. superbe explosion d’ailleurs.

Evidemment aussi, on ne voit que les catastrophes sur le sol américain (sauf peut-être 1 ou 2 de part le monde, mais bon, ça passe vite). ah non, je suis mauvaise langue: on voit la Tour Effeil s’effondrer… à Vegas! ben oui, y’a des casinos à Vegas.

Donc, ça pète, ça casse, ça s’effondre, ça raz-de-marise, ça explose de partout. on en a pour son argent, ça c’est sûr.

 

Sauf qu’en vrai, le héros (John Cusack), devrait être au mort au moins… pfiouuu! au moins si c’est pas plus! et puis c’est un porte-guigne! faut pas être avec lui! ou au moins anticiper ce qu’il va faire!

je récapépète:

SAN-FRANCISCO

– il est à san-francisco quand le BIG-ONE arrive. la faille de san-andreas le poursuit en glissant, et sa bagnole (ou son avion) est toujours à quelques mètres devant elle. alors que normalement la faille devrait glisser uniformément sur toute sa longueur (donc le héros: direct dans le gros trou béant).

– en plus y’a plein d’immeubles qui s’écroulent tout autour, des voitures, des camions, des trains, qui sont projetés de tous les côtés, et môsieur, avec sa limousine, il esquive tout! wahou! putain, je vais acheter une limou comme prochaine bagnole (super pratique pour monter les petites routes avec des virages en épingle comme y’a chez moi). idem avec l’avion.

la preuve en images (extrait promotionnel du film):

le yellowstone

– évidemment, il est aussi au Yellowstone quand ça pète. le Yellowstone, pour ceux qui savent pas, hormis le fait que c’est un grand et magnifique parc national au USA, c’est aussi la caldeira de ce que l’on appelle un SUPERVOLCAN (c’est pas pour faire joli, parce que c’est le nom scientifique. donc quand les scientifiques disent que c’est super, c’est que ça l’est!).

il y a un certain nombre de supervolcans de part le monde. Le lac Toba (probablement responsable de la dernière glaciation selon des théories récentes) dont la caldeira (le cratère du volcan, donc, en termes simples) fait 100Km de long sur 30km de large… (rien que ça!):

plus près de nous, il y a les Champs Phlégréens, situés à l’ouest de Naples, dont la caldeira fait quelque chose dans les 15km de diamètre :

parmis tant d’autres:

-lac Taupo (Nouvelle-Zélande) : caldeira de 30/40 km de diamètre.

– Mont Aso (Japon): caldeira de 25km sur 18.

– Caldeira d’Aira (Japon): 23km sur 18

– Caldeira de Long Valley (californie): 32km sur 17

– caldeira la Garita (colorado): 45km

et d’autres plus petites.

et j’oubliais donc le Yellowstone: caldeira de 85km de long sur 45 de large!

plus d’infos sur les supervolcans: http://fr.wikipedia.org/wiki/Supervolcan

ces volcans, donc, sont les plus destructeurs du monde, avec un indice d’explosivité colcanique de 8 sur une échelle de… 8. pour comparaison, l’explosion du Krakatoa, en 1883, était de VEI 6. le volume de matière expulsé n’était que (sic!) d’une 20aine de km3, contre plusieurs milliers de km3 pour des supervolcans. le bruit de son explosion (au krakatoa) est le plus fort de l’histoire de l’humanité! cette explosion équivalait déjà à l’équivant de 13000 bombes d’Hiroshima. celle d’un supervolcan équivaudrait donc à l’arsenal nucléaire tout entier, voire beaucoup plus. le tsunami qui avait suivit a produit une vague atteignant localement 30m de haut, et a tué plus de 36 000 personnes (pour l’époque c’était déjà énorme, à comparer avec les 300000 et quelques décès dûs au tsunami de 2004 dans des régions surpeuplées et touristiques!). et l’onde de choc a fait plusieurs fois le tour de la Terre. on n’ose pas alors imaginer ce qui résulterait d’un supervolcan! encore moins l’hiver nucléaire qui s’ensuivrait (le krakatoa a fait baisser la température du globe d’environ 0,25°C (jusqu’à 1.3°C en moins dans certaines parties du globe), et celle provoquée par le Toba, il y a 74000 ans est estimée à 3/3.5 °C (jusqu’à…15°C en moins dans certaines parties du globe!)).

l’explosion du krakatoa et la théorie du Toba dans les liens joints.

bref. un cataclysme qui peut provoquer l’extinction des espèces!

et donc, dans le film. le héros se trouve sur le parc du Yellowstone quand ça pète…

ah…

bon…

et il s’en sort?

ben… voui.

notez qu’il (et sa famille) survit (dans l’ordre): à l’aveuglement (combien de bombes atomiques, déjà?),  au bruit (il devrait être minimum sourd), au souffle (non, tout va bien, ça fait le même effet qu’un pet de lapin), à la chaleur du souffle, et aussi à la chaleur de la nuée ardente qui rattrape l’avion (avant de s’arrêter comme par magie).

 

les tsunamis

le déplacement des continents sur plusieurs milliers de km (sic!) (et heureusement d’ailleurs, sinon le film finit assez connement avec le crash des héros dans l’océan)) et les séismes cataclysmiques qui en résultent provoquent des tsunamis de 1500m de haut (dixit le film). et donc, c’est normal que ça atteigne…. le tibet (altitude moyenne: 4800m quand même!).

 

bref.

on évitera aussi de parler des spectaculaires "deus ex machina" (avions, hélicos, camionnette…) qui permettent aux protagonistes d’atteindre l’endroit où ils seront à l’abri, sinon ça serait pas drôle.

parce qu’en fin de compte, ce film est plus qu’un film catastrophe: c’est un film comique (ma femme était pliée de rire pendant les scènes de destruction!)

et pourtant, ça restera aussi (pour moi) le film catastrophe le plus spectaculaire que j’aie pu voir! (mieux que "le jour d’après", du même Emmerich, que à l’inverse de la critique qui l’avait élevé au rang de navet international, j’avais mis en bonne place dans ma dvdthèque. en plus, contrairement à "2012", tous les phénomènes décrits dans "le jour d’après" sont plausibles!, si l’on ne tient pas compte du fait que ça se produit en 3 semaines montre en main).

et puis il faut bien un jour après 2012 (j’imagine bien l’océan complètement gelé après les tsunamis! mdr: "ah bon ben on est coincés au pied de l’everest, désolés, on va camper là). et j’ai cru comprendre qu’une série dérivée du film était en pourparlers.

en plus, ça permet d’écouler le stock de pop-corns et de bonbons en regardant des milliards de gens crever. c’que c’est bon!

dit « strychnine » !

mardi, septembre 22nd, 2009

Il y des films comme ça qu’ont voit pas venir. de loin, ils ont l’air d’un pauvre navet de série Z. et de près, ce sont de pures bombes. de véritables OVNIs dans un paysage SF souvent trop conventionnel.

 

c’est le cas de "District 9".

 

 A l’origine, il s’agissait d’un court-métrage de 6m (qu’on peut voir ici sur youtube) et qui a permit à son réalisateur de se faire remarquer. initialement prévu pour tourner "Halo" (tiré du jeu éponyme), projet abandonné pour cause de budget inflationniste, Peter Jackson (oui, Peter Jackson) proposa au réalisateur (Neil Blongkamp, retenez ce nom) de produire un remake version longue de son court-métrage.

le pitch est original dans le sens ou il s’agit de SF uchronique, c’est à dire que les évènements présentés, bien que totalement fictifs, sont postérieurs à notre époque. et le film est original dans son traitement sous forme de reportage, qui vous immerge dans un monde ultra réaliste.

ll y a une vingtaine d’années, un peuple d’extraterrestres en exil a débarqué sur Terre dans  son vaisseau. pas à New-York ou à Washington, comme on a l’habitude de le voir dans les autres films du genre, mais à Johannesburg (Afrique-du-Sud). là réside tout l’intérêt de l’histoire, car loin d’être accueillis comme il se doit, les E.T. sont parqués dans un ghetto, le district 9, et traités pire que des animaux par les gouvernements mondiaux et la population de Johannesburg.

sous prétexte de leur venir en aide, le gouvernement les exploite et tente d’utiliser leurs armes, lesquelles ne fonctionnent qu’à la reconnaissance de l’ADN E.T.

nous suivons ainsi un fonctionnaire payé pour expulser les extraterrestres du district 9, afin de les parquer dans un camp digne d’un camp de concentration. mais un incident se produit…

 

si les SFX réalisés par Weta Digital (la boîte de Peter Jackson) permettent de s’immerger à fond de le décor, le scenario, lui, traite bien plus que d’une simple invasion E.T., et va fouiller du côté d’un Apartheid ou même les anciennes victimes de l’Apartheid historique participent aux brimades contre les "crevettes" (nom péjoratif donné aux E.T. comme ont pourrait dire "négros", "bougnoules",…) et où toutes les excuses sont bonnes pour les taper, les exploiter (ils sont prêts à troquer de la bouffe pour chat contre n’importe quoi!) ou leur tirer une balle dans la tête.

et la vraie façon de comprendre ce qu’un peuple ressent, comme on s’en aperçoit souvent, est de se mettre à sa place.

 

et pour moi, la vraie question soulevée par le film n’est pas tant de comparer un Apartheid réel à un Apartheid fictif, mais de savoir si les Hommes ont compris les erreurs de leur passé. n’est-il pas fortement envisageable que dans un avenir (proche ou lointain, c’est selon) dans lequel nous ferions la rencontre d’un peuple extraterrestre, nous reproduirions le schéma d’une colonisation/exploitation à outrance, traitant les autres espèces comme si elles n’avaient aucune valeur sous prétexte qu’elles ne sont pas "comme nous" ?

l’Homme sait-il apprendre? ou oublie-t-il très vite?

 

moi, j’attends la suite (et j’espère bien qu’il y en aura une!).

par contre, j’irai pas prendre le démon en levrette…

Avatar

lundi, août 24th, 2009

un p’tit post juste pour faire partager le teaser de ce film évènement qui s’annonce comme une claque cinématographique.

 

vivement décembre !

laisse pas traîner tes fringes !

mardi, août 18th, 2009

l’empereur des geeks a encore frappé!

j’aurais pourtant attendu la fin de la diffusion française de Fringe, et ce afin d’éviter les spoilers, pour en parler. si malgré ça certains n’ont pas encore vu la saison en entier ou comptent s’y mettre, qu’ils reviennent sur cette page plus tard, car les spoilers seront nombreux.

 

Fringe, donc. quel nom étrange. pour les ignards (oui, c’est gratuit!) le terme désigne ce qui est marginal. par extension, les "fringes sciences" sont ce qu’on appelerait en France les pseudo-sciences (ex: paranormal, extraterrestres,…), tout ce qui touche à des domaines ou les connaissances n’en sont qu’à leur balbutiement (ex: physique quantique, manipulations génétiques (à un stade avancé) et cryptozoologie,…) voire encore du domaine de la SF (ex: téléportation, univers parallèles, psychokynésie…).

les premiers spectateurs de Fringe l’auront classé directement comme copie de la défunte "x-files". certains l’auront d’ailleurs laissée tomber trop rapidement pour ça, déçus que "ça ne soit pas mieux". ils auront eu tort. et le tort tue.

parce que Fringe, ça tue sa race, comme disent les jeunes (je sais, y’a mieux comme accroche commerciale, mais bon…).

si effectivement ça commence comme des enquêtes de x-files, avec les "petits gris" en moins, on se prend vite à réaliser que c’est bien plus que ça. je dirais même plus: on n’a encore rien vu!

et je me prends à penser, au vu de la première saison et de son final pour le moins atypique (mais digne d’un J.J.Abrams à son meilleur niveau) que celle-ci n’était qu’un prologue. une immense mise en matière, afin d’amener petit à petit le spectateur à accepter ce qui va suivre.

 

 

parce qu’ici, les fringes sciences ne sont pas qu’un prétexte à une série d’enquête au préalable sans rapport les unes aux autres. les différentes affaires auxquelles Olivia (l’héroïne) et ses coéquipiers, assistée du professeur foldingue Walter Bishop (croustillamment interprété par John Noble!) et de son fils Peter, sont le prélude à quelque chose de plus grand : la singularité technologique.

singularité qui, selon les fondateurs du mouvement ZFT, devenu entre-temps un groupe bioterroriste, aboutirait à une guerre. et le but de ZFT est de préparer l’humanité à cette guerre, en faisant de la Terre un laboratoire d’expérimentation géant.

mais… une guerre contre qui, au fait?

bien que cela ne soit pas implicite jusqu’à la fin de la saison, des détails disséminés dans les épisodes, ainsi que le dernier épisode tout entier, nous préparent à accepter l’évidence qui devrait être le fond de la seconde saison. la production de "soldats" sur les enfants 20 ans plus tôt (dont notre chère Olivia); les visions de cette même Olivia; les "délires" de Walter Bishop (notamment ou l’on voit son double lors de son deuxième séjour à l’asile, double qui a priori ne serait en rien un délire); la tombe avec un petit Peter de 7 ans à l’intérieur, alors qu’il y en a un de 30 ans tout frais et pimpan que son père est probablement allé chercher dans le second univers après le décès de celui-ci; le fait que le fondateur de ZFT se cache dans ce même second univers.

d’ailleurs, qu’en est-il vraiment de William Bell (et ancien associé de Walter Bishop), fondateur de ZFT et de Massive Dynamics ( la multinationale à la base de quasiment toutes les "inventions" de ZFT). Walter nous dit qu’il avait inventé un moyen de passer d’un monde à l’autre. s’il se cache dans "là-bas", c’est qu’il est en danger "ici". pourtant, "là-bas", il devrait y avoir son double, ce qui serait certainement plus dangereux. donc…? ou est le William Bell de "là-bas" ?

idem pour Walter. son "délire schysophrénique" dans l’asile ne serait il pas tout simplement le Walter Bishop de "là-bas", venu dans l’idée de récupérer son rejeton volé par le Walter d’ "ici" ?

la guerre, en elle-même, se préparerait-elle entre l’humanité "ici" et l’humanité "là-bas"? car comment ne pas réagir contre quelqu’un (même s’il s’agit d’un autre "vous-même")  qui viendrait dans l’idée de vous piquer tout ce que vous avez, parce qu’il avait les mêmes (ou presque) à la maison mais qu’il les a perdus?

d’ailleurs, les facéties d’Abrams et des scénaristes, avec leurs "clins d’oeil" à Star Trek ne sont pas là par hasard. en effet on a d’un côté le rédacteur d’une revue dénonçant les complots, se disant être le fils de Sarek (donc qu’il est Spock, pour ceux qui ne connaissent pas Star Trek), qui déclare que les romuliens vont revenir dans le passé pour changer l’Histoire (ça fait au passage une jolie pub au dernier film d’Abrams, mais c’est là l’intelligence du truc!), et de l’autre William Bell, fondateur de ZFT, incarné par Leonard Nimoy, alias… Spock!). sous les dessous de cette succession de pubs virales semble se cacher des indices sous formes de métaphores, indiquant tout en n’en ayant pas l’air que la guerre aura bienlieu entre les deux humanités parralèles incarnées par… "Spock", l’un revenant d’un univers parallèle pour changer l’Histoire.

 

quant à l’observateur, apparemment pas seul, comme ces enfants chauves doués d’une empathie hors norme, je parierais qu’il a été (qu’ils ont été) engagés par la CIA (un agent de la CIA essaye de récupérer l’enfant) ou un département "fringe" de la CIA pour prédire les évènements et mieux les préparer à la future invasion. le fait que Walter connaisse le monsieur-chauve n’est pas anodin en soi, puisque Walter a travaillé à plusieurs reprises (avant d’être interné) pour le gouvernement américain.

 

 

alors bien sûr, il y a des petites failles, ou des petites facilités, dans le raisonnement de fond de la série. mais pour peu que l’on "ouvre son esprit à d’autres possiblités" (pour paraphraser Walter Bishop), celle-ci promet d’être grandiose, et de jeter au placard les Mulder et autres Scully.

 

et puis rien que pour le jeu de John Noble (j’ai déjà dit qu’il était génial?), cette série est incontournable!

le pendule de Jean-Pierre

jeudi, août 6th, 2009

après avoir été absorbé par les intrigues moyennageuses du "Nom de la Rose", tant en film (vu maintes fois) qu’en bouquin (une fois pour l’instant, mais c’est déjà pas mal), je me suis décidé à lire le deuxième et nom moins énorme (perche tendue à r@oul ;p ) "pendule de Foucault", du même auteur.

et de prime abord, Umberto Eco nous livre un livre (ah, elle est bonne celle-là!) pour le moins hermétique. hermétique avec des premières pages fourmillant de descriptions et dont une phrase peut à elle seule remplir une page (et pourtant c’est écrit petit!). mais c’est un style. on finit par s’y faire. et petit à petit, lorsque le narrateur (Casaubon) revient sur les évènements précédents qui l’on amené au Conservatoire des Arts et Métiers (là où se trouve ledit pendule), on se prend à entre dans l’Histoire. je mets un H majuscule à Histoire, parce que ce livre est une mine de références et d’anecdotes à faire palir un Max Gallo.

puis très vite, le livre se révèle de plus en plus Hermétique. je mets un H majuscule à Hermétique parce que j’aime bien les H majuscules. non, je déconne… un H majuscule parce que le terme désigne une doctrine ésotérique et occulte en lien avec le dieu Hermès Trismégiste (même pour un Dieu, j’imagine qu’un tel prénom devait pas être facile à porter en classe ° O ) qui est en fait le nom donné par les grecs au dieu égyptien Thot (un peu plus facile à porter, mais ça peut vite déraper en rajoutant un O à la fin…).

d’ésotérisme en occulte, d’occulte en sectes secrètes (et ultra nombreuses), et de sectes secrètes (et ultra nombreuses) aux Templiers et aux Illuminati et aux Rosicruciens etc, etc… (ultra nombreuses), il n’y a qu’un pas. ou deux.

on assiste alors à l’envol d’un OVNI littéraire. à mi-chemin entre le thriller, le roman d’aventures, un essai historique, et une thèse es hermétisme (j’enlève les H majuscules, parce que j’en ai marre). ce sont de véritables moments de jubilation (pour qui aime les thrillers ésotériques, of course) lorsque se dévoile petit à petit (c’est très long, quand même) le "secret" imaginé par jeu, et surtout grâce à des connaissances hors normes, des 3 amis (dont Casaubon) à la suite de la découverte d’un "message secret" supposé en lien avec les Chevaliers du Temple. ils imaginent donc un complot mondial pour le contrôle du Monde, ourdi au cours des siècles par pléthores de sectes (ultra nombreuses). et par jeu, il déduisent ce que les membres des sectes cherchent en vain, car perdu, depuis le fameux jour où les Templiers furent amenés au bûcher.

et comme cité au tout début du roman: "la superstition porte malheur". voilà que le jeu devient la réalité. est-ce vraiment possible?

 oui. et pour cause: "la superstition porte malheur".

cette phrase n’est pas fortuite. elle explique tout.

elle explique que ce roman supposé pro-Hermétique par des millions de lecteurs qui ont cru voir ici la réalité (cherchez bien, c’est arrivé tout récemment aussi avec le nom moins ésotérique, mais non moins pourri "Da Vinci Coude" [parce que Brown ne s’est pas foulé le coude à l’écriture]), se révèle au final être anti-Hermétique (à moins que ce soit ce que l’auteur cherche à nous faire croire, pourraient dire certains, dévoilant la vérité en faisant croire qu’elle est fausse, à la manière des Hermétiques eux-mêmes!, car lorsque la vérité est prononcée, il n’y a plus de secret, et si l’on dévoile un secret, c’est donc qu’il est faux…).

j’imagine que de nombreux lecteurs sont allés au Conservatoire des Arts et Métiers au solstice d’été pour tenter d’en percer les mystères, et trouver l’ombilic sur une carte quelconque.

 

ils en oublient le message principal de ce livre, auquel j’adhère à 100%: "il faut accepter que l’on ne sait rien; et lorsque l’on comprend ça, on comprend qu’il n’y a rien à comprendre." il y a des choses autrement plus importantes dans la vie que chercher ce qui n’existe pas.

 

à méditer.

et à lire.

 

 

ce sera mon dernier mot, Jean-Pierre.

SF movies: quoi de bon à venir?

jeudi, mai 28th, 2009

si je pouvais aller dans le futur pour regarder les films que l’on attend parfois pendant plusieurs années, je passerais mon temps à ça…

 donc je jetais un oeil (rendez-le moi!) et depuis quelques temps, j’ai l’impression que la SF se porte de mieux en mieux à l’écran. surtout la SF "post-apo". depuis des films précurseurs en matière d’effets spéciaux et surtout d’ambiance, genre "28 jours plus tard", "matrix", et "les fils de l’homme" (rhââ, lovely!), les projets ne manquent pas.

je parlais, il y a quelques temps, de "the road", roman de Comac McCarthy, en disant combien je l’avais dévoré. et qu’un film était en production. voici donc pour vous le teaser de ce qui promet d’être un futur monument (sortie en octobre 2009):

 "the road _ trailer"

 

très attendu aussi, la nouvelle trilogie "terminator" avec Christian "fucking" Bale "fuck fuck fucker mother!" dans la peau d’un John Connor à qui on aurait menti à l’insu de son plein gré. bonne raison de recommencer à se taper dessus avec Skynet et autres joyeusetés terminatoresques, et de pas se casser la tête avec le titre. pourtant, ça a l’air bon, même très bon! pourvu que le film soit à la hauteur de la bande-annonce.

 

 

 

dans la famille, il y a aussi l’animation. "walle-e" a bien ouvert la voie. j’ai trouvé sur allocine la bande-annonce d’un film produit par Tim Burton et les frères russkofs Bekmanbetov ("Nightwatch" et "Daywatch)", qui s’avère, en plus d’avoir l’air original, sacrément bien fait, et pas destiné à un public morveux. même si les héros sont des… poupées! le titre: "numéro 9".

à voir ICI !

 

dans le genre "post-apo" avec des gros morceaux de fantasy dedans, il va falloir aller chercher du côté de "la Tour Sombre", qui sera adaptée du roman (en 7 volumes) éponyme du génialissime Stephen King! et produit (voire réalisé) par le non moins génialissime J.J.Abrams et son acolyte Damon Lindelof.

 

un certain nombre de films de SF sont également prévus, pour l’instant à l’état de pré-production (adaptations de classiques, principalement). mais le plus attendu de tous, et certainement le plus original avant longtemps, dont on parle, et parlera encore comme peu de films le font, dont les éloges (de réalisateurs privilégiés amis du réalisateur du film), alors que pas une seule image ou teaser n’a filtré, et qui doit révolutionner rien moins que notre manière de "voir" le cinéma, doit sortir a peu près fin décembre 2009 (date officielle, mais qui pourrait être repoussée).

son réalisateur, c’est James Cameron.

son titre, c’est "Avatar".

et je demande à voir.

on the road again

lundi, mars 30th, 2009

il est des livres qui n’ont pas l’air, comme ça, au premier abord.on ne les voit pas venir. écrits gros. pas de tirets aux dialogues. pasde virgules (quasiment), mais des "et" à l’envie pour les remplacer.

auxpremières lignes, on pourrait se dire que le style est trop simple. onse dit "oui, effectivement, voilà pourquoi il a mérité son prixPullitzer".

c’est sans compter sur la force des mots, la puissancefigurative, les cendres dans le paysage, les poils du scénario, et lesclaques dans ta gueule.

car l’apocalypse a eut lieu !

 

pasune apocalypse de péquenot écoterroriste ou de djihadiste amateur, non.L’Apocalypse! celle en question. dans un monde en poussière, alors queles dernières parcelles de forêts se consument et que les villes sontdévastées, l’homme et son fils luttent pour survivre. ils n’ont pas denom, car ils pourraient être n’importe lequel d’entre nous. ils portentle feu. ils ont faim. et… les autres aussi.

là se pose laquestion de la manière de survivre, et donc du choix de survivre:jusqu’où doit-on (peut-on) aller, une fois qu’il n’y a plus de lois,plus de règles, pour rester en vie? manger, certes, mais quoi? desconserves? oui. mais encore faut-il en trouver. rester des jours et desjours sans manger, en espérant trouver sur son chemin une bicoquedélabrée et abandonnée avec un abri et des boîtes de haricots àl’intérieur. piquer leurs couvertures aux morts. chercher de l’huile etdes briquets ou autres allumettes pour se chauffer et cuire la soupe.entasser tous ses petits trésors dans un caddie déglingué. et tracersur la route. jusqu’à la prochaine étape.

et s’il n’y avait pasd’autres étapes? et si dans les villes, villages, maisons suivantes, iln’y avait rien? parce qu’évidemment vous n’êtes pas le seul à crever ladalle. que feriez-vous?

l’unique balle qui reste dans votre revolver, est-elle pour vous, ou pour votre fils?

ou pour ceux qui veulent le manger?

 

parceque certains ne s’embarrassent pas de choix. parce que la barbarie esthumaine, et qu’en période de disette et de grande catastrophe, l’animalprend le dessus.

rester humain? redevenir un animal? l’homme etson fils ont fait leur choix. qu’en est-il des autres? comment lesavoir? en tant que père, je dois protéger mon fils coûte que coûte. nefaire confiance à personne. mais ne pas devenir un méchant. en tant qu’enfant, j’ai la naïveté decroire en la bonté intrinsèque des hommes. chacun doit avoir sa chance. et s’assurer de faire encore partie des gentils.

"L’idée lui vint qu’il se pourrait même dans l’histoire du monde qu’il yeût plus de ­châtiments que de crimes mais il n’en tirait guère deréconfort."

 

ence sens, et par cette complémentarité père/fils souvent mais rarementaussi bien exploitée en littérature, "la route", de Cormac McCARTHY,est un morceau de choix. à dévorer d’une traite, ou à déguster avec unbon verre de rouge de derrière les fagots.

pas d’indigestion envue (on ne s’en lasse pas), mais peut-être, au détour d’un virage,l’envie de vomir en voyant ce qui cuit sur la broche d’un campabandonné.

âmes sensibles et dépressifs s’abstenir (ou alors, à préconiser comme barbituriques).

et pour moi un très grand roman. un des meilleurs qu’il m’ait été donné de lire, toutes catégories confondues!

 

 

et pour ceux qui veulent du rab avec plein de sauce, le film est sur sa dernière ligne droite, Viggo "Aragorn" Mortensen.

 

 

 

encore un de ces films "pop-corn" ou "kebab-saucisse-poulet-frites".

j’en reprendrai bien une tranche… avec du ketchup, s’il vous plait!

nottuB nimajneB ed eriotsih egnartè’L

lundi, février 9th, 2009

j’ai toujours détesté connaître la fin avant de savoir le début, dans une histoire. quel intérêt, sinon?

alors quelle étrange sensation de voir un film qui commence par la fin…! vous entrez au cinéma à 00h15 et en vous ressortez à 09h30 la veille au soir. l’horloge a tourné à rebours, ravalant ses secondes, ses minutes et ses heures, la petite aiguille chassant la grande, pour enfin vous voir sortir de la salle, vous demandant de moins en moins s’il y aura encore des places au ciné, vous dépêchant de retourner à votre voiture la sortir de sa place dûement trouvée, pour finalement tourner en ville en ne cherchant plus de place, rentrant finalement chez vous, puis retournant au travail, dégueulant votre repas de midi pour le restituer intact, retournant débosser, puis rentrer à la maison pour découcher et vous rendormir.

quelle étrange sensation de naître vieux, et puis de mourir jeune. de retourner dans le ventre.

quelle étrange sensation, dès le départ, que d’être chauve, de n’avoir pas de dents, et de porter des couches.

quelle étrange sensation, vers la fin, que de porter des couches, de n’avoir pas de dents, et d’être chauve.

je me suis souvent comparé la maladie d’Alzeihemer, la sénilité, et la vieillesse (séparés ou en même temps) comme un retour à la case départ. pas forcément la mort, inéluctable, celle qui fait peur. mais une renaissance, essentielle, que l’on attend car on ne peut y échapper. qu’y avait-il avant? en avions-nous peur avant de naître? sûrement pas! alors pourquoi le faire dans l’autre sens…  ?

et ce Benjamin Button, avec son étrange histoire, rajeunit-il vraiment? et au vu de cette histoire, voudrait-on réellement rajeunir, nous aussi?

à vrai dire, la seule chose qui change pour lui, c’est d’être né en mauvaise santé, proche de la mort, et de mourir en parfaite santé (mais complètement sénile). vivre à l’envers, mais avec un esprit à l’endroit.

d’ailleurs si j’avais un seul reproche à faire à cette histoire vraiment étrange, c’est la fin. cette manière qu’il a de mourir. c’était effectivement une solution parmi d’autres, mais quitte à la voir comme ça, j’aurais poussé le bouchon plus loin, jusqu’à la séparation de deux gamètes… (Fincher nous avait bien filmé des neurones dans "fight club"!). ou d’une autre taille. car après tout, le petit vieillard, il est né… petit!

seul reproche, car pour le reste, j’en suis resté pantois d’admiration. un scénario d’une envergure digne d’une saga (merci au scénariste de "forrest gump", qui visiblement doit être originaire de Louisianne…!) et surtout une technicité jamais égalée dans les images de synthèses, elle même servie par des acteurs "mûrs" et enthousiastes. un grand pas vers le futur du 7ème art, sans aucun doute.

 

un très grand film!

 

vivement la version… longue.