Archive for novembre, 2009

la fin du monde en 2012 inepties scénaristiques

vendredi, novembre 13th, 2009

J’aime les films catastrophe. en tout cas, quand on ne passe pas les 3/4 du film à se pencher sur les affaires de cul et de coeur des protagonistes, ça passe pas mal, même si le scénario est abracadabrantesque.

c’est donc le cas de 2012, que je suis allé voir hier soir.

ATTENTION: SPOILERS

2h40 (ou presque) d’engouffrage de dollars dans des effets spéciaux hallucinants. sisi, c’est très bien fait, on en aurait même peur! (rhâ, le raz-de-marée, et dire qu’on croyait être à l’abri en haute-montagne!).

tout ça à cause des neutrinos.

halala…

en fait, moi quoi m’attendait à ce que ce soit la faute à un alignement de planètes (bien que l’on sache pertinament que le 21/12/2012 il n’y aura aucun alignement de planètes),  voire à l’hypothétique Nibiru, la planète cachée (tellement bien cachée qu’elle n’existe pas), qui frôlerait la Terre, Roland Hemmerich s’est donc penché sur une cause un peu plus "scientifique" pour raconter l’effondrement de la Terre (au propre comme au figuré): le soleil et ses foutus neutrinos, qui en 2009, à cause d’une augmentation sans précédent de l’activité solaire (manque de bol, de la réalité, c’est carrément l’inverse: Soleil au calme plat ou presque…), dont le point culminant se trouvera en 2012, les neutrinos qui s’en échappent bombardent la Terre et la transforment en cocotte-minute-à-micro-ondes.

bref, à partir de là, évidemment, ça part en couilles total.

La faille de San-Andreas, d’abord, puis le Yellowstone, ensuite. superbe explosion d’ailleurs.

Evidemment aussi, on ne voit que les catastrophes sur le sol américain (sauf peut-être 1 ou 2 de part le monde, mais bon, ça passe vite). ah non, je suis mauvaise langue: on voit la Tour Effeil s’effondrer… à Vegas! ben oui, y’a des casinos à Vegas.

Donc, ça pète, ça casse, ça s’effondre, ça raz-de-marise, ça explose de partout. on en a pour son argent, ça c’est sûr.

 

Sauf qu’en vrai, le héros (John Cusack), devrait être au mort au moins… pfiouuu! au moins si c’est pas plus! et puis c’est un porte-guigne! faut pas être avec lui! ou au moins anticiper ce qu’il va faire!

je récapépète:

SAN-FRANCISCO

– il est à san-francisco quand le BIG-ONE arrive. la faille de san-andreas le poursuit en glissant, et sa bagnole (ou son avion) est toujours à quelques mètres devant elle. alors que normalement la faille devrait glisser uniformément sur toute sa longueur (donc le héros: direct dans le gros trou béant).

– en plus y’a plein d’immeubles qui s’écroulent tout autour, des voitures, des camions, des trains, qui sont projetés de tous les côtés, et môsieur, avec sa limousine, il esquive tout! wahou! putain, je vais acheter une limou comme prochaine bagnole (super pratique pour monter les petites routes avec des virages en épingle comme y’a chez moi). idem avec l’avion.

la preuve en images (extrait promotionnel du film):

le yellowstone

– évidemment, il est aussi au Yellowstone quand ça pète. le Yellowstone, pour ceux qui savent pas, hormis le fait que c’est un grand et magnifique parc national au USA, c’est aussi la caldeira de ce que l’on appelle un SUPERVOLCAN (c’est pas pour faire joli, parce que c’est le nom scientifique. donc quand les scientifiques disent que c’est super, c’est que ça l’est!).

il y a un certain nombre de supervolcans de part le monde. Le lac Toba (probablement responsable de la dernière glaciation selon des théories récentes) dont la caldeira (le cratère du volcan, donc, en termes simples) fait 100Km de long sur 30km de large… (rien que ça!):

plus près de nous, il y a les Champs Phlégréens, situés à l’ouest de Naples, dont la caldeira fait quelque chose dans les 15km de diamètre :

parmis tant d’autres:

-lac Taupo (Nouvelle-Zélande) : caldeira de 30/40 km de diamètre.

– Mont Aso (Japon): caldeira de 25km sur 18.

– Caldeira d’Aira (Japon): 23km sur 18

– Caldeira de Long Valley (californie): 32km sur 17

– caldeira la Garita (colorado): 45km

et d’autres plus petites.

et j’oubliais donc le Yellowstone: caldeira de 85km de long sur 45 de large!

plus d’infos sur les supervolcans: http://fr.wikipedia.org/wiki/Supervolcan

ces volcans, donc, sont les plus destructeurs du monde, avec un indice d’explosivité colcanique de 8 sur une échelle de… 8. pour comparaison, l’explosion du Krakatoa, en 1883, était de VEI 6. le volume de matière expulsé n’était que (sic!) d’une 20aine de km3, contre plusieurs milliers de km3 pour des supervolcans. le bruit de son explosion (au krakatoa) est le plus fort de l’histoire de l’humanité! cette explosion équivalait déjà à l’équivant de 13000 bombes d’Hiroshima. celle d’un supervolcan équivaudrait donc à l’arsenal nucléaire tout entier, voire beaucoup plus. le tsunami qui avait suivit a produit une vague atteignant localement 30m de haut, et a tué plus de 36 000 personnes (pour l’époque c’était déjà énorme, à comparer avec les 300000 et quelques décès dûs au tsunami de 2004 dans des régions surpeuplées et touristiques!). et l’onde de choc a fait plusieurs fois le tour de la Terre. on n’ose pas alors imaginer ce qui résulterait d’un supervolcan! encore moins l’hiver nucléaire qui s’ensuivrait (le krakatoa a fait baisser la température du globe d’environ 0,25°C (jusqu’à 1.3°C en moins dans certaines parties du globe), et celle provoquée par le Toba, il y a 74000 ans est estimée à 3/3.5 °C (jusqu’à…15°C en moins dans certaines parties du globe!)).

l’explosion du krakatoa et la théorie du Toba dans les liens joints.

bref. un cataclysme qui peut provoquer l’extinction des espèces!

et donc, dans le film. le héros se trouve sur le parc du Yellowstone quand ça pète…

ah…

bon…

et il s’en sort?

ben… voui.

notez qu’il (et sa famille) survit (dans l’ordre): à l’aveuglement (combien de bombes atomiques, déjà?),  au bruit (il devrait être minimum sourd), au souffle (non, tout va bien, ça fait le même effet qu’un pet de lapin), à la chaleur du souffle, et aussi à la chaleur de la nuée ardente qui rattrape l’avion (avant de s’arrêter comme par magie).

 

les tsunamis

le déplacement des continents sur plusieurs milliers de km (sic!) (et heureusement d’ailleurs, sinon le film finit assez connement avec le crash des héros dans l’océan)) et les séismes cataclysmiques qui en résultent provoquent des tsunamis de 1500m de haut (dixit le film). et donc, c’est normal que ça atteigne…. le tibet (altitude moyenne: 4800m quand même!).

 

bref.

on évitera aussi de parler des spectaculaires "deus ex machina" (avions, hélicos, camionnette…) qui permettent aux protagonistes d’atteindre l’endroit où ils seront à l’abri, sinon ça serait pas drôle.

parce qu’en fin de compte, ce film est plus qu’un film catastrophe: c’est un film comique (ma femme était pliée de rire pendant les scènes de destruction!)

et pourtant, ça restera aussi (pour moi) le film catastrophe le plus spectaculaire que j’aie pu voir! (mieux que "le jour d’après", du même Emmerich, que à l’inverse de la critique qui l’avait élevé au rang de navet international, j’avais mis en bonne place dans ma dvdthèque. en plus, contrairement à "2012", tous les phénomènes décrits dans "le jour d’après" sont plausibles!, si l’on ne tient pas compte du fait que ça se produit en 3 semaines montre en main).

et puis il faut bien un jour après 2012 (j’imagine bien l’océan complètement gelé après les tsunamis! mdr: "ah bon ben on est coincés au pied de l’everest, désolés, on va camper là). et j’ai cru comprendre qu’une série dérivée du film était en pourparlers.

en plus, ça permet d’écouler le stock de pop-corns et de bonbons en regardant des milliards de gens crever. c’que c’est bon!

décollage réussi!

jeudi, novembre 5th, 2009

il est clair qu’Hockenberry (scholiaste) ne peut que se passionner pour tout ce qui pourrait l’emmener un jour (en chair, en os, ou en esprit) dans l’espace. il en est donc obligé de passer par les phases d’essai de la NASA.

bien content, donc d’avoir vu que le nouveau bébé lanceur  de celle-c, j’ai nommé Ares (version I-X), a réussi son vol d’essai la semaine dernière, au décollage de cap canaveral.

pas moins de 2mn pour atteindre une altitude de 45km, ça fait juste une accélération de 3G et une vitesse max de 4,76 mach. une broutille qui vous donne un bon lifting.

 

Ares (dieu de la guerre dans la mythologie grecque, faisant écho au dieu Mars dans la mythologie romaine) pour permettre d’ici quelques années les vols habités vers la Lune (prévu en 2020), puis vers Mars (une dizaine d’années plus tard), fait partie du programme "Constellation" qui doit remplacer les vieux lanceurs Appolo (ceux que nos parents et grands-parents ont suivi, avec un dénommé Armstrong à bord du numéro XI (non, pas le trompettiste!)).

lancement du proptotype réussi donc, pour finaliser le lanceur Ares I, qui devrait prendre son essor d’ici 2014, avant d’être suivi par son petit frère Ares V d’ici 2018.

très bien tout ça. mais bon il y en a toujours pour râler après le coût (certes énorme) qu’engendre la conquête spatiale, et donc le dernier rapport d’évaluation du programme de vols habités américains remis à mister Obama himself fin octobre a spécifié que "Constallation" ne serait pas vivable à moins d’une rallonge modique de 3 milliards de $ US par an. qu’à cela ne tienne, des entreprises privées pourraient prendre le relai (mais on abandonnerait ARES I) et la NASA se "contenterait" de se charger des vaisseaux destinés à aller sur la Lune (Ares n’étant qu’un lanceur, cela signifie qu’il lance quelque chose de plus petit avant de retomber sur Terre, de préférence dans les océans où il est repêché pour être ensuite réutilisé).

 

enfin donc, Hockenberry suis ça avec attention, en espérant qu’un fonctionnaire un peu trop regardant et pas assez rêveur ne fasse pas tout foirer.

la suite au prochain numéro. 

 

et je sais pas vous, mais je trouve toujours une certaine poésie dans le décollage d’une fusée. il n’y a qu’un mot approprié: beau.

(Joe Raedle/Getty Images)

 toute une galerie d’images des essais (oui, ça fait un peu de pollution, je sais… pffff) sur le site boston pictures !