on the road again

il est des livres qui n’ont pas l’air, comme ça, au premier abord.on ne les voit pas venir. écrits gros. pas de tirets aux dialogues. pasde virgules (quasiment), mais des "et" à l’envie pour les remplacer.

auxpremières lignes, on pourrait se dire que le style est trop simple. onse dit "oui, effectivement, voilà pourquoi il a mérité son prixPullitzer".

c’est sans compter sur la force des mots, la puissancefigurative, les cendres dans le paysage, les poils du scénario, et lesclaques dans ta gueule.

car l’apocalypse a eut lieu !

 

pasune apocalypse de péquenot écoterroriste ou de djihadiste amateur, non.L’Apocalypse! celle en question. dans un monde en poussière, alors queles dernières parcelles de forêts se consument et que les villes sontdévastées, l’homme et son fils luttent pour survivre. ils n’ont pas denom, car ils pourraient être n’importe lequel d’entre nous. ils portentle feu. ils ont faim. et… les autres aussi.

là se pose laquestion de la manière de survivre, et donc du choix de survivre:jusqu’où doit-on (peut-on) aller, une fois qu’il n’y a plus de lois,plus de règles, pour rester en vie? manger, certes, mais quoi? desconserves? oui. mais encore faut-il en trouver. rester des jours et desjours sans manger, en espérant trouver sur son chemin une bicoquedélabrée et abandonnée avec un abri et des boîtes de haricots àl’intérieur. piquer leurs couvertures aux morts. chercher de l’huile etdes briquets ou autres allumettes pour se chauffer et cuire la soupe.entasser tous ses petits trésors dans un caddie déglingué. et tracersur la route. jusqu’à la prochaine étape.

et s’il n’y avait pasd’autres étapes? et si dans les villes, villages, maisons suivantes, iln’y avait rien? parce qu’évidemment vous n’êtes pas le seul à crever ladalle. que feriez-vous?

l’unique balle qui reste dans votre revolver, est-elle pour vous, ou pour votre fils?

ou pour ceux qui veulent le manger?

 

parceque certains ne s’embarrassent pas de choix. parce que la barbarie esthumaine, et qu’en période de disette et de grande catastrophe, l’animalprend le dessus.

rester humain? redevenir un animal? l’homme etson fils ont fait leur choix. qu’en est-il des autres? comment lesavoir? en tant que père, je dois protéger mon fils coûte que coûte. nefaire confiance à personne. mais ne pas devenir un méchant. en tant qu’enfant, j’ai la naïveté decroire en la bonté intrinsèque des hommes. chacun doit avoir sa chance. et s’assurer de faire encore partie des gentils.

"L’idée lui vint qu’il se pourrait même dans l’histoire du monde qu’il yeût plus de ­châtiments que de crimes mais il n’en tirait guère deréconfort."

 

ence sens, et par cette complémentarité père/fils souvent mais rarementaussi bien exploitée en littérature, "la route", de Cormac McCARTHY,est un morceau de choix. à dévorer d’une traite, ou à déguster avec unbon verre de rouge de derrière les fagots.

pas d’indigestion envue (on ne s’en lasse pas), mais peut-être, au détour d’un virage,l’envie de vomir en voyant ce qui cuit sur la broche d’un campabandonné.

âmes sensibles et dépressifs s’abstenir (ou alors, à préconiser comme barbituriques).

et pour moi un très grand roman. un des meilleurs qu’il m’ait été donné de lire, toutes catégories confondues!

 

 

et pour ceux qui veulent du rab avec plein de sauce, le film est sur sa dernière ligne droite, Viggo "Aragorn" Mortensen.

 

 

 

encore un de ces films "pop-corn" ou "kebab-saucisse-poulet-frites".

j’en reprendrai bien une tranche… avec du ketchup, s’il vous plait!

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