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j’ai toujours détesté connaître la fin avant de savoir le début, dans une histoire. quel intérêt, sinon?

alors quelle étrange sensation de voir un film qui commence par la fin…! vous entrez au cinéma à 00h15 et en vous ressortez à 09h30 la veille au soir. l’horloge a tourné à rebours, ravalant ses secondes, ses minutes et ses heures, la petite aiguille chassant la grande, pour enfin vous voir sortir de la salle, vous demandant de moins en moins s’il y aura encore des places au ciné, vous dépêchant de retourner à votre voiture la sortir de sa place dûement trouvée, pour finalement tourner en ville en ne cherchant plus de place, rentrant finalement chez vous, puis retournant au travail, dégueulant votre repas de midi pour le restituer intact, retournant débosser, puis rentrer à la maison pour découcher et vous rendormir.

quelle étrange sensation de naître vieux, et puis de mourir jeune. de retourner dans le ventre.

quelle étrange sensation, dès le départ, que d’être chauve, de n’avoir pas de dents, et de porter des couches.

quelle étrange sensation, vers la fin, que de porter des couches, de n’avoir pas de dents, et d’être chauve.

je me suis souvent comparé la maladie d’Alzeihemer, la sénilité, et la vieillesse (séparés ou en même temps) comme un retour à la case départ. pas forcément la mort, inéluctable, celle qui fait peur. mais une renaissance, essentielle, que l’on attend car on ne peut y échapper. qu’y avait-il avant? en avions-nous peur avant de naître? sûrement pas! alors pourquoi le faire dans l’autre sens…  ?

et ce Benjamin Button, avec son étrange histoire, rajeunit-il vraiment? et au vu de cette histoire, voudrait-on réellement rajeunir, nous aussi?

à vrai dire, la seule chose qui change pour lui, c’est d’être né en mauvaise santé, proche de la mort, et de mourir en parfaite santé (mais complètement sénile). vivre à l’envers, mais avec un esprit à l’endroit.

d’ailleurs si j’avais un seul reproche à faire à cette histoire vraiment étrange, c’est la fin. cette manière qu’il a de mourir. c’était effectivement une solution parmi d’autres, mais quitte à la voir comme ça, j’aurais poussé le bouchon plus loin, jusqu’à la séparation de deux gamètes… (Fincher nous avait bien filmé des neurones dans "fight club"!). ou d’une autre taille. car après tout, le petit vieillard, il est né… petit!

seul reproche, car pour le reste, j’en suis resté pantois d’admiration. un scénario d’une envergure digne d’une saga (merci au scénariste de "forrest gump", qui visiblement doit être originaire de Louisianne…!) et surtout une technicité jamais égalée dans les images de synthèses, elle même servie par des acteurs "mûrs" et enthousiastes. un grand pas vers le futur du 7ème art, sans aucun doute.

 

un très grand film!

 

vivement la version… longue.

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