klaatu barada nikto

"le jour ou la terre ne s’arrêta pas vraiment tout à fait enfin presque". vu hier. m’est-avis que je devrais télécharger voir film original pour me faire une idée de la réussite de ce remake avec klaatu reeves.

en tout cas, le résultat est plus que sympa. pas de surenchère d’effets spéciaux, de l’action dosée, et un lot de questions sur la nature humaine.

nature humaine qui a été le sujet de discussion entre ma copine et moi à la sortie du ciné.

 

ma première réaction: "j’aurais été Klaatu, je ne serais pas revenu sur ma décision, et j’aurais détruit toute trace de vie humaine".

bon, je reconnais, j’y vais un peu fort, mais c’est mon faible. je suis du sud, c’est pas pour rien. mais bon. quand même.

là-dessus, j’appuie ma décision: "comment Klaatu peut-il être certain que l’espèce humaine va comprendre le message, et surtout avoir la volonté de réparer ses erreurs et de repartir sur de bons rails, en respectant la Terre et les autres espèces qui la composent?"

parce que évidemment, il y a des humains, comme le gosse du film, qui finissent pas prendre de bonnes décisions, en apprenant de leurs erreurs. mais on ne parle bien là que d’individus isolés.

évidemment, je ne mets pas tout le monde dans le même panier, mais force est de constater que le Q.I. moyen d’un groupe est égal au Q.I. de l’individu possédant le plus faible. ou pas loin.

bon, là encore je suis méchant. je sais.

alors je formule différemment.

 

depuis la première espèce apparue sur Terre, l’instinct de survie prime par dessus tout. tu as la volonté de survivre, alors tu peux survivre. tu n’as pas la volonté, alors crève. parce que c’est comme ça. parce que la nature est cruelle.

l’instinct de survie se réparti grosso merdo en 2 catégories: la malice et le bourrinage. malice qui n’est apparue que tard dans l’histoire de l’évolution. le bourrinage étant dès le  départ une valeur sûre: gnnnh, gnnh! taper! boum! huhu!

je vois d’ici les sourires… mais en réfléchissant 2 secondes, on se rend vite compte que le besoin primaire de chaque espèce, c’est de manger et de se reproduire. pas besoin de réfléchir pour ça. on prend ce qui passe. et si ça résiste, on force. va dire à un amibe: "mon bon, point de violence, nous sommes ici en monde civilisé, et je ne tolèrerai point tant de cruauté vile et infecte qui ne sied point à notre rang". déjà, elle te regardes zarbi (si elle a des yeux) et quoi qu’il en soit, elle te bouffe quand même (oui, mon exemple, c’était avec une bactérie de la même taille que toi…).

ce que je veux dire par là, c’est que face à la violence naturelle, ou la faim (peu importe comment on l’appelle), la raison l’emporte rarement. la violence est souvent du meilleur effet pour se défendre, car évidemment on ne peut pas tuer son adversaire avec ses lunettes ou avec le dernier exemplaire de "cerveau et psycho" (à moins de s’appeler Chuck Norris). d’ailleurs, ne dit-on pas: "on ne doit pas frapper quelqu’un avec des lunettes: une batte de base-ball est plus efficace!" ?

ceci étant assimilé, on doit bien se rendre compte que, l’évolution n’étant que le produit de la meilleure réussite, les gènes de la violence et de l’avidité (celle qui donne envie de survivre) ont de longs jours devant eux, car ils sont extrêmement bien diffusés à travers la planète, dans toutes les espèces (et donc chez l’Homme). la malice est plus souvent le fait d’individus isolés, ou de petits groupes, rarement d’une civilisation toute entière (qui peut très bien avoir un malin à sa tête, mais chacun a une fin…).

l’Homo sapiens est certes doté d’un gros cerveau, que d’aucuns imaginent qu’ils les rendent intelligents, mais son malheur dans cette histoire, c’est que ce cerveau n’est pas encore assez gros. il reste encore trop d’instincts "primitifs". et en y regardant bien, la plupart des inventions humaines se basent sur la survie, et cette survie est basée sur la violence. le feu (on parle souvent de découverte, mais créer le feu avec ses mains tiens bien de l’invention) étant passé par là, plus moyen de s’en séparer. il n’a pas été recréé pour cuire les aliments, mais pour éloigner les fauves ou les ennemis. avant d’inventer la roue, on a taillé la pierre, le bois ou les os, pour en faire des armes ou des outils permettant de produire d’autres armes. puis vinrent les armes à feu (étonnant qu’on n’y ait pas pensé avant…). la majorité des nouvelles technologies ont d’abord été créées pour le bénéfice de l’armée, et ça n’est pas prêt de changer. les jeux? du cirque…  les écrits? récits de chasse, d’abord, puis de conquêtes ensuite. à côté du "Dialogue" ou des "droits de l’Homme" figure "Mein kampf" (succès littéraire). les religions, païennes ou nouvelles? de quoi maintenir la foule en laisse, pour mieux la lacher ensuite.

un jour, peut-être, dans les siècles des siècles de l’évolution, homo sapiens passera à un stade supérieur, qui le dotera d’une conscience de l’autre et du tout, pour lui permettre de survivre tout en respectant ce qui l’entoure. il y a quelques dizaines de milliers d’années, Homo sapiens a probablement fini d’exterminer (une question de survie…) la seule espèce qui pouvait prétendre parvenir plus rapidement à ce stade, car déjà dotée d’une certaine empathie: Homo neanderthalensis.

un jour peut-être.

en l’occurence, on en est loin.

et donc, en suivant le raisonnement de Klaatu ("si la Terre meure, vous mourrez! si vous mourrez, la Terre survit"), et en la connaissance actuelle des foules, je ne croirais pas au subit "changement de mode de vie" ou "changement cognitif" (ou quelque chose comme ça) imploré à la fin du film. non, je n’y croirais pas. car au bord du gouffre, on y est. et pourtant, les oeillères perdurent. chacun croit en "l’extradordianire capacité de l’intellect humain à surmonter toute  crise". mouais. un jour peut-être. en attendant, c’est la crise qui va nous péter à la gueule. si des individus isolés, doués de ce formidable intellect, et capables de retourner les foules dans la direction opposée du gouffre existent, qu’attendent-ils? des petits groupes, alors? oui mais, le Q.I. d’un groupe… vous connaissez la fin de la phrase.

je crois qu’en l’état actuel, nous arrivons au sommet de notre civilisation, et qu’à moins d’un miracle, le franchissement dévoilera un précipice, ou tout au moins une pente brutale. on finira certainement par en sortir. mais la Terre aura un autre visage.

et si c’est ce visage que Klaatu souhaitait sauvegarder, alors il n’aurait pas du revenir sur sa décision.

et s’il se trompe, et bien… l’erreur n’est pas qu’humaine!

 

 

et bien quoi, je suis pessimiste, et alors? …

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