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à une époque, on appelait ça de « l’anticipation »

mardi, avril 15th, 2008

vous n’avez pas été sans remarquer d’un oeil distrait à la radio ou d’une oreille peu attentive au JT (ou l’inverse) qu’il y a des gens sur la planète qui se battent pour bouffer.

ouais.

non, c’est pas nouveau, je sais.

c’est tous les jours depuis la nuit des temps.

 

sauf qu’à notre époque, où les uns produisent plus qu’ils ne consomment, et jettent à la poubelle le surplus que les autres pourraient consommer, on s’y était habitué, et les pauvres n’emmerdaient pas les riches avec leurs petits problèmes de pauvres.

or, voilà t’y pas que ces pauvres là commencent à se rebeller.

oui, m’sieurs dames! ben c’est qu’ils ont faim, les pauvres…

 

reprenons les choses depuis le début:

– les riches veulent consommer toujours plus.

– il y a de plus en plus de riches.

– la consommation augmente donc proportionnellement.

– la base de toute production à l’heure actuelle est le pétrole.

– la consommation de pétrole augmente.

– le prix du pétrole augmente.

– le prix des denrées alimentaires, qui demandent du pétrole sous différentes formes pour être produites, augmente.

– les réserves de pétrole baissent.

– pour parer à ça, on transforme des champs à destination de production alimentaire en des champs à destination de production de pétrole (tu sais, le "bio-carburant").

– la production alimentaire baisse.

– le prix des aliments augmente encore.

– les pauvres crèvent la dalle.

– comme si ça suffisait pas, les pauvres vivent dans des pays pauvres ("ah, ils l’ont choisi !", comme dirait l’autre).

– les pays pauvres ont des conditions climatiques difficiles, ce qui fait qu’ils sont pauvres (justement…).

– la consommation de pétrole augmentant, la production de CO2 largué dans l’atmosphère également.

– la température moyenne du globe augmente avec le CO2.

– les sécheresses s’intensifient; les inondations sont plus nombreuses; etc…

– elles touchent en premier les pays aux conditions climatiques déjà difficiles.

– comme si ça suffisait pas, c’est là qu’habitent les pauvres.

– en plus, elles détruisent leurs récoltes.

– et également celles des riches (mais bon ils ont encore des réserves).

– au final les pauvres se rebellent (font chier…).

 

 la température moyenne du globe n’a augmenté que de 0.6°C sur les 50 dernières années.

les scénarios les plus optimistes (mais complètement irréalistes) s’attendent à une augmentation supplémentaire (oui, tout augmente ma pauv’ dame!) de 1°C (soit 1.6°C depuis 1960) d’ici à la fin du siècle. les plus pessimistes (et qui peuvent parfois paraître encore optimistes), tablent quand à eux sur une augmentation de 5.4°C (soit 6°C depuis 1960) d’ici à la fin du siècle.

les années les plus chaudes sont les toutes dernières.

et on n’a encore rien vu.

 

alors attendons.

restons passifs.

regardons les pauvres se rebeller, car c’est loin de chez nous.

continuons de consommer toujours plus.

aujourd’hui, c’est chez eux. 

 

demain ce sera chez nous, et nous serons pauvres. et le malheur s’abat toujours sur les pauvres (proverbe chinois).