Archive for octobre, 2007

jouvence

dimanche, octobre 7th, 2007

une petite cure d'Alain LeBussy, en ce dimanche ensoleillé, pour se replonger dans un petit bain de SF francophone et rajeunissante (arf).

la deuxième novella des éditions Griffe d'Encre se démarque totalement de la première (en même temps, c'est mieux, hein, au moins on s'ennuie pas!). là où "Metropolitain" nous donnait faim, "Jouvence" nous donne soif (sisi, c'est pas des conneries…). une bonne eau bien fraîche.

car cette eau manque horriblement dans ce désert où se sont écrasés Ava,  Edomaï et Rolwa, suite à un accident de leur vaisseau. Ava en était la commandante. Elle n'est plus que navigatrice. Edomaï, lui, marche en avant, cherchant désespérément un but, puis une simple occupation. Alors il s'interroge: agit-il selon sa volonté propre? les spatiandres, ces combinaisons évoluées et semi-conscientes, n'auraient-elles pas d'autres objectifs? quelles sont les raisons qui les poussent à marcher? et vers quoi? alors que nul d'entre eux ne s'est jamais vu, et qu'ils se trouvent obligés de coopérer, les conditionnements de soldat de Edomaï le poussent à s'interroger, et à rêver…

si les premières pages sont un peu lentes à amener l'intrigue, la deuxième partie, plus consistante, se révèle une très intéressante traversée du désert, philosophique et humaine, aux fortes résonnances bibliques. le mythe d'Eden revisité, telle pourrait être la définition de ce "Jouvence" à la sauce LeBussy.

alors si vous aussi, vous voulez rêver d'Ava et d'une bonne gorgée d'eau fraîche, cette novella intimiste est pour vous:

 

 

demain, les chiens

lundi, octobre 1st, 2007

et ben oui, pourquoi pas d'abord? après tout, ce sont de braves bêtes.

donc, on m'avait dit beaucoup de bien sur ce bouquin de Clifford Simak.

 Il s'agit là d'un recueil de nouvelles (8 contes, en fait) agencés de manière à ne former qu'une seule histoire. celle-ci a pour toile de fond l'émergence du chien au rang d'animal pensant, et dont la civilisation et la philosophie l'a amené, aujourd'hui, à se poser des questions sur une légende dans laquelle il est dit que l'homme a existé, et que cet homme a également permis au chien de parler. des chiens érudits se penchent sur le problème en étudiant les 8 contes qui forment cette légende, depuis l'homme, jusqu'à l'avènement du chien.

je dois dire qu'à la lecture du premier "conte", je trouvais que celui-ci avait plutôt mal vieilli. forcément, lorsque l'on place la chute de la civilisation humaine moderne à la fin du XXème siècle, il faut s'attendre à ce que ceux du XXIème aient quelques réticences. mais ce postulat accepté ou mis de côté, le reste en devient plus fluide. et à mesure que les contes (et les époques) défilent, tout cela s'imbrique parfaitement.

l'homme a quitté les villes. tout lui est accessible. il est entouré de robots et songe dorénanvant à aller sur d'autres planètes. sur mars, il y a les martiens (logique!), et l'un d'eux, Juwain, aurait pu faire avancer la philosophie humaine de plusieurs millénaires à condition d'être sauvé d'une mort certaine. alors un homme va créer une nouvelle race qui développerait une autre conscience, une autre philosophie, pour aider l'homme dans sa quête. Ils avanceraient main dans la patte, homme et chien. et là, le chien se mit à parler. le premier d'entre eux se nommait nathanael. et au fil du temps, ils vont perpétrer l'histoire des hommes et des chiens. mais celle-ci se déformera bien assez tôt.

En effet, avec la volonté de ne pas perturber l'équilibre, de ne pas influencer le chien en le contaminant par la philosophie humaine, les derniers hommes, assistés par jenkins le robot, vont finir par se laisser disparaître. les autres sont des mutants sans avenir, ou sont allés dans les étoiles ou sur jupiter où ils ont trouvé auparavant un paradis . Ils laissent alors les chiens développer leur civilisation, basée sur le rejet de tout crime et l'exploration des mondes parallèles, où vivent les horlas.

 

au final, j'ai trouvé ici un roman d'une extraordinaire richesse, tant inventive qu'émotionnelle, autant drame que comédie. je me suis fait à plusieurs reprise le rapprochement avec les idées de bradbury , son pessimisme et son humanité.  le tout pour aboutir à une oeuvre d'une profondeur exceptionnelle.

 

et sinon, comme je ne fais rien comme tout le monde, mon "conte" préféré du recueil est celui qui se détache le plus de l'histoire principale. il s'intitule "le paradis", et est une pure merveille de SF. un petit bijou.

avis aux amateurs.