apocalypto: maya rien là?

voilà, j'ai pas pu résister: un passage à la fnac et une visite au rayon dvd plus tard, APOCALYPTO fait désormais partie de ma dévédéthèque privée.

il faut dire que sur grand écran, ce récit d'aventure épique, âpre et violent m'avait transporté et accroché au fauteuil. y'a pas à chier: Gibson, Mel de son prénom, est sacrément doué pour faire de l'andouillette et du boudin noir. et pour peu qu'on aime le coeur bien saignant, on est servi!

ça tue, ça frappe, ça torture, ça éventre et ça décapite à un rythme assez sympathique.

Patte de Jaguar vit une existence idillyque dans une forêt qui lui sert d'abri et de garde-manger. son clan adore les blagues de potache, et sa femme attend un nouvel enfant. que rêver de mieux? pourtant, la situation va vite se dégrader: d'autres clans fuient un ennemi. et celui-ci va arriver dans le village de patte de jaguar pour exterminer la moitié des habitants et livrer l'autre moitié aux prêtres de la cité maya, à quelques jours de marche. là-bas, une civilisation perd pied, abasourdie par la famine et la corruption. là-bas, on arrache des coeurs et on coupe des têtes pour assouvir la terre, les dieux et le peuple. par un miracle (assez prévisible), patte de jaguar va échapper au pire. mais il ne peut rentrer librement chez lui, et va servir de jouet. pourtant il parvient à s'échapper, et s'engage alors une course poursuite, une lutte à mort à travers la forêt, jusque dans les ruines de son village où l'attendent, prisonniers d'un puit, sa femme et son enfant. une lutte à mort pour la vie.

 

mais attention, toute l'histoire ne se résume pas qu'à des scènes de violence. tout comme "la passion", il faut bien prendre en compte que la violence fait partie du contexte, et non pas du prétexte. là où les romains crucifiaient après moult petites joyeuseries rougeâtres, les mayas donnaient des coeurs en pâture aux dieux (et au peuple) pour assouvir la soif (de la terre) et la faim (du peuple). là où les romains se servaient de la torture pour asseoir leur suprématie et supprimer un roi, les prêtres mayas s'en servaient pour manipuler l'opinion. prenez une terre aride qui ne donne plus de nourriture, prenez des gens affamés en attente de la pluie salvatrice ou d'un quelconque miracle, prenez une société décadente et moisie pour la corruption, et vous obtiendrez un massacre auprès des populations avoisinantes.

et regardez comme l'écho de cette histoire résonne à travers les siècles. notre civilisation épanouie et technologique n'est-elle pas prête à tuer pour s'enrichir un peu plus, n'est-on pas près à éliminer d'autres peuples pour conquérir l'eau, ou pourquoi pas de l'or noir? ne nous fait-on pas croire que cela est nécessaire pour notre survie? et ne sommes-nous pas la cause de la disparition des forêts et du changement climatique qui nous portera à notre perte?

la lutte entre le bien et le mal est le sujet dont parle ce film. c'est très manichéen tout ça, et c'est certainement un fait exprès lorsque l'on connait la foi de Gibson. la civilisation est vue ici comme le mal absolu, le vecteur de la corruption et de la violence. ici l'on préfère la vie "new-âge" de patte de jaguar.

et lorsque les premiers conquistadors  débarquent sur une plage d'amérique centrale, c'est une nouvelle civilisation qui en remplace une autre. tout un symbole…

 

bande annonce Apocalypto

 

 

 

 

 

 

 

 

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