Archive for juillet, 2007

le nom de la rose

mardi, juillet 24th, 2007

non, je ne lis pas que de la SF, et je ne regarde pas que des films de SF (loin s'en faut).

d'ailleurs, l'un de mes films préféré reste et restera "le nom de la rose", magnifiquement réalisé par Jean-Jacques Annaud, et interprété par Sean Connery et Christian Slater (entre autres).

en ce moment je lis peu (ce n'est pas dans mes habitudes), alors j'ai voulu au moins cibler mes lectures. j'en ai profité pour combler un certain vide, et je me suis attaqué, entre deux tomes de "l'aube de la nuit", à la lecture du roman d'Umberto Eco, "le nom de la rose".

pour les incultes, il ne s'agit pas de l'histoire d'un fleuriste amoureux, mais d'un thriller moyen-âgeux et ésotérique. un vieux moine allemand (Adso de Melk) nous raconte un moment de sa jeunesse, alors qu'encore novice, et accompagné de son maître (Guillaume de Baskerville), un moine franciscain d'origine anglaise et ex-inquisiteur, il arriva dans une abbaye du sud des alpes. son maître y avait pour mission de renouer le dialogue entre une délégation franciscaine et des émissaires du pape, alors en froid dans une époque où la venue prochaine de l'antéchrist, annoncée par tous, profitait à la naissance de doctrine et de sectes de plus en plus extrêmes, et où l'inquisition brûlait à tour de bras les réfractaires à la loi papale, pape lui-même taxé d'hérésiarque par les ordres pauvres de la chrétienté (dont les franciscains).

mais l'époque, si elle ne s'avère qu'une trame de fond, est cependant nécessaire à la compréhension des évènements qui arrivèrent dans l'abbaye.

peu avant leur arrivée ici, un moine avait été retrouvé fracassé en bas des murailles du plus grand édifice de l'abbaye, une mystérieuse bibliothèque. Guillaume de Baskerville, précédé d'une image de savant érudit, fut alors recommandé par l'abbé pour enquêter sur ce suicide.

mais lorsque d'autres moines moururent, dans des circonstances qui rappelaient les prémonitions de saint-jean, au son des sept trompettes de l'apocalypse, il s'avéra qu'il s'agissait de meurtres.

des meurtres commis autour de la possession d'un livre étrange et rare, recherché par ces moines dont l'un des vices (outre la sodomie) était de vouloir être trop instruits.

 

"le nom de la rose" est un livre qui parle des livres avant tout, et de ce qu'ils détiennent comme vérité et comme mensonges. il interroge sur la foi aveugle et sur les valeurs du monde. il parle d'une époque en proie au doute et aux flammes des bûchers, des chrétiens hérétiques et des hérétiques chrétiens qui se livrent un conflit théologique, de l'amour, du vice, du rire, et des savoirs anciens cachés pour le "bien" de tous.

que ne ferait-on pas pour garder siennes les connaissances du monde, pour garder le contrôle sur les gens simples, et continuer à leur faire redouter le diable?

mais le diable s'avère être le ver à l'intérieur de la pomme chrétienne. l'antéchrist viendra non pas des hérétiques et des infidèles, mais de ceux-là même qui prétendent détenir la parole divine autour d'une foi jamais effleurée par le doute, et que le rire même est capable de renverser. et c'est ainsi que l'histoire se termine dans les flammes, qui doivent être celles de l'enfer.

dans les toutes dernières pages, Adso s'interroge sur l'essence même du divin, en ces termes: "mais comment peut exister un être nécessaire totalement tissu de possible? quelle différence y a-t-il alors entre Dieu et le chaos originel? affirmer l'omnipotence absolue de Dieu et son absolue disponibilité en regard de ses choix mêmes, n'équivaut-il pas à démontrer que Dieu n'existe pas?" (je vous laisse méditer). ce en quoi la science et le savoir ne survivent que s'ils restent étroitement liés à la foi, car dépendant d'un critère essentiel: la vérité.

 

le fait que j'aie vu auparavant, et plusieurs fois, le film, m'a un peu aidé à la compréhension d'une histoire difficile à lire, au style complexe et érudit, mélangeant l'Histoire à la fiction (pourtant l'auteur prétend avoir tiré son histoire d'un manuscrit, qu'il a perdu, et écrit par ce même Adso de Melk); mélangeant la foi de l'époque à l'émergence (ou la réémergence) des sciences autrefois portées par les philosophes grecs; ou l'amour et le péché de fornication s'entremêlent à une époque où la femme est considérée comme la porteuse du péché originel, une enveloppe renfermant les excréments du démon.  les descriptions fantasmagoriques des lieux de l'abbaye, sur lesquelles on s'éternise, côtoient les énigmes d'une enquête aux multiples rebondissements, entrecoupées de passages en latin, pour en faire un livre hors normes. un pur chef-d'oeuvre. un plaidoyer pour la liberté, le savoir, et l'émancipation de l'Homme.

 

et la rose dans tout ça? il s'agit de l'unique amour d'Adso, une fille de la campagne rencontrée par hasard dans l'abbaye, avec laquelle il commit le péché de fornication, et qui fut arrêtée puis brûlée comme sorcière quelques heures plus tard.

 


 

 

les sorties filmo SF de la rentrée

lundi, juillet 23rd, 2007

quoi de mieux qu'un bon film de SF pour se changer de la lecture des bouquins de SF?

hein? hein?

 

je feuilletais quelques mag ciné récemment, et j'y retrouvais un fim SF français (une fois n'est pas coutume!) plutôt ambitieux, et loin de ce que la production de notre pays plutôt très académique veut bien nous donner à l'habitude (et loin des nanars comme le récent "mystères" à la tv…).

le projet, c'est "dante 01". un nom très intriguant qui met déjà l'eau à la bouche. le pitch: Dante 01 est une prison spatiale qui gravite autour d'une planète hostile, Dante. elle renferme les 6 principaux criminels des systèmes avoisinants, et sur lesquels sont effectuées des expériences.

Alors qu'une mutinerie s'organise autour du psychopathe César, l'arrivée  de St-Goeorges, seul rescapé de son vaisseau, et possédé par une entité extro, va tout changer."

réalisé par Max Caro (co-réalisateur de "la cité des enfants perdus", entre autres), et avec un Lambert Wilson transfiguré, qui s'est donné corps et âme pour son rôle.

le budget minimaliste (8 millions d'euros) n'entache en rien l'ambition du projet. et puis j'aime bien les décors spatiaux à l'ambiance soviétique/guerre-froide. 

malgré l'absence de bande-annonce, j'en salive d'avance. quelques menues photos à se mettre sous la dent tout de même:

 

 

 dante 01, c'est pour le 09 janvier 2008.

 

mais avant 2008, un autre film de SF français (2, est-ce que ça devient une habitude?), avec… Albert Dupontel. ça s'appelle "Chrysalis", et c'est prévu pour le 31 octobre 2007.

 

il s'agira d'une histoire de meurtres en série dans une europe futuriste, avec en toile de fond la manipulation de la mémoire.

je ne sais pas trop à quoi m'attendre, mais en tout cas le teaser à l'américaine est bien foutu!

teaser

la SF française reprendrait-elle du poil de la bête?

 

côté US, qu'y a-t-il?

pour commencer, le très attendu "I am legend", tiré du roman éponymement génial de Richard Matheson, avec Will Smith.

je ne vais pas revenir sur ce livre que tout le monde ici doit avoir lu (et si vous ne l'avez pas fait, honte à vous! ;-p ).

le dernier homme sur Terre n'est pas seul. il est une légende. pourquoi? parce que la norme est définie par le nombre.

         teaser 

 

 "I am legend", ce sera le 19 décembre 2007, pour les fêtes de noël.

 

il y a pourtant  encore plus attendu, alors qu'on n'en parle que très peu. vous en aurez un aperçu en début de séance de "ratatouille", si vous allez voir ce dernier. car oui, c'est le pixar de 2008 qui s'annonce, prévu en sortie US pour juin (2008, donc).

"Il", c'est WALL-E. un petit robot éboueur/compacteur, qui évolue sur une Terre dépotoir depuis 700 ans… seul. et il rêve d'un ailleurs, d'aller dans les étoiles.

le traitement de l'histoire s'annonce original et plutôt peu commun pour un film d'animation, avec la première 1/2 heure qui sera… sans aucun dialogue. sa bouille et sa voix de pareidolie sont craquantes, et si le film s'avère aussi intéressant que le pitch, alors moi j'attends l'été 2008 avec impatience!

en attend, un teaser pas vraiment habituel, présentant le parcours de pixar, jusqu'à WALL-E.

du plaisir de faire un doigt

jeudi, juillet 19th, 2007

ah on en rêve! pouvoir envoyer chier les gens hauts placés, qui forcément depuis leur piédestal ont un regard biaisé sur ce qui les entoure.

eh ben c'est désormais chose possible pour moi!

 

voilà une semaine maintenant que je sais avoir réussi le concours de professeur des écoles. et pourtant c'était pas ma priorité première… non, non, vous savez, on fait des études, des longues études, pour espérer un jour travailler dans un secteur qui nous fait vraiment envie. pour ma part, c'était dans l'environnement (tiens, bizarre!). j'ai déjà eu quelques petits postes, des cdd, des missions de quelques mois ou d'un an. et puis j'avais réussi un autre concours (à la con, celui-là, car il ne donne le droit que de postuler: pas de poste donné à la clé): celui de la fonction publique territoriale, en tant qu'ingénieur. je m'étais dit: "tiens, si on m'embauche, je vais pouvoir aller me la péter avec une cravate dans les réunions, aller sur le terrain pour faire des trucs vraiment intéressants, faire avancer les choses, rendre l'environnement d'un département ou à défaut d'une communauté de commune plus agréable pour ses habitants". peine perdue: pas de piston = pas de poste. vous avez beau être (ou penser être) jeune et enthousiaste,  cadre et dynamique,ceux qui recrutent ne vous considèreront jamais que comme un jeune. point barre. c'est à dire sans expérience. donc inapte à occuper une fonction à responsabilités. non… il FAUT de l'expérience. sinon vous n'arriverez à rien (probablement).

question: comment acquérir de l'expérience quand on ne vous en donne pas la possibilité?

vaste problème chez nous autres français. en allemagne et en angleterre (pour ne citer que ces 2 pays européens), on ne se la pose pas, pourtant!

bref, je vais pas commencer à m'étendre sur cet autre sujet. mais je ne suis pas le seul dans ce cas, à perdre le bénéfice d'un concours qui pourtant à lui seul est censé prouver que l'on est apte à occuper les fonctions recherchées. il me reste normalement 6 mois pour trouver un poste. en février 2008, je perdrais le bénéfice du concours d'ingénieur territorial.

 

et bien aujourd'hui, je dis merde! oui, merde! à ceux qui n'ont pas voulu me faire confiance.

demain (enfin, en septembre), j'irais donner un enseignement à leurs gamins pour qu'ils acquièrent les bases de ce qui leur permettra plus tard de trouver un job. leur vie est entre mes mains! HAHAHA! *rire sadique*.

nan… je déconne.

aujourd'hui, je dis merde et je fais un doigt à ceux qui ne se donnent même pas la peine de pondre une lettre originale, mais vont plutôt chercher dans les macros de word, pour me dire (poliment) que malgré tout l'intérêt qu'ils trouvent à ma candidature, ils sont au regret de ne pas pouvoir me donner le poste convoité. je fais un doigt aux ressources humaines qui sont pas foutues de voir que des diplômes bac+5 en biologie et en environnement vous sont plus que suffisants pour occuper un poste d'ingénieur en développement durable ou en gestion des espaces naturels.

aujourd'hui je fais un doigt à… heu… non, pas à la paperasse. l'IUFM et l'académie m'envoient des tas de papiers et de formulaires à remplir, il faut faire des photocopies, aller chez le docteur, envoyer 10 fois le même truc. non, ça je peux pas encore y faire un doigt…

au contraire: qu'est-ce que ça fait plaisir!Cool

pareidolie, coïncidence, ou message?

mardi, juillet 10th, 2007

la plupart d'entre vous ici doivent connaître ce que l'on appelle le "visage de Mars". il s'agit d'un relief martien découvert en 1976 sur les clichés de la sonde Viking 1.

voici deux clichés pris à l'époque:

 

un petit zoom:

 

à l'époque on était persuadé que les PHV avaient élaboré cette structure. elle a même servi de toile de fond dans le film "mission to mars".

on sait depuis, grâce aux récentes sondes martiennes aux clichés plus précis, que ce n'est qu'une colline érodée et façonnée. la preuve?


 

 

 

évidemment, vous êtes intelligents et vous le saviez déjà (ou vous l'aviez deviné).

 ce phénomène psychologique s'appelle (sauvagement) une "pareidolie", qui  consiste à reconnaître des visages ou des formes d'origine anthropomorphique, ou même des voix ou des messages là où il n'y en a pas.

bref, c'est dans votre tête.

 

et saviez-vous que récemment, en 2005, a été découvert un autre visage, pardon… pareidolie?

où ça? heu… sur Terre. au Pérou, plus exactement.

cliquez sur le lien googlemap ici, et zoomez ou dézoomez à volonté (ce n'est pas un trucage): 

 carte

joli, non?

Cette image dans le désert a été créée par le vent et l'érosion d'eau. Il a été officiellement appelé "Rostro de Dios" ou "le Visage de Dieu" dans le journal Arequipa al dia le 11 juin 2006. Il a été à l'origine découvert par Randall Gregory et Jorge Tamayo au début de 2005 en analysant des images satellites pour les indicateurs de cratères d'impact de météorite.

 

bon allez, on va craquer un coup. vous savez que dans ce coin de la Terre, et plus particulièrement de l'amérique du sud, des civilisations se sont développées (les civilisations dites précolombiennes): incas, aztèques, mayas, et autres. et que faisaient-ils lorsqu'ils s'emmerdaient? ben ils construisaient des pyramides.

et donc, le rapport?

le voilà:

non, vous ne rêvez pas, et vous avez bien vu une pyramide (à 5 faces, en plus). mais regardez-mieux, il n'y en a pas qu'une.

en fait cette région de mars est le nid d'une ancienne civilisation inca (ou d'une pareidolie nasaienne, comme vous voulez): 

 

 dans cette carte du site, seul le nom du "mirador" est l'invention d'un internaute sur le site duquel j'ai trouvé cette photo. tous les autres sont estempilés NASA.

on a même les calculs d'angle, où pi et le nombre d'or ont été trouvés Wink :

 

la cité inca, pas très loin:

 

 

ouais… je suis pas le seul à rêver de Mars, et qu'un jour nous y trouvions quelque chose (ou quelqu'un). alors pendant que d'autres voient Dieu sur Terre, d'autres encore pour se faire plaisir, pour rêver, ou pour se rassurer, imaginent que Mars leur sourit et les aime:

 

 

Smile

le complexe du chimpanzé

jeudi, juillet 5th, 2007

… être le sujet d'une expérience que l'on ne maîtrise pas.

 

"ce complexe est un phénomène qui a été observé pour la première fois chez les chimpanzés ayant servi de cobayes pour les vols spatiaux.

Les chimpanzés sont suffisamment intelligents pour comprendre qu'ils sont les sujets d'une expérience qu'ils ne maîtrisent pas. le stress causé par cette dichotomie entre capacité de comprendre la situation et incapacité à la gérer peut vraiment vous faire péter les plombs."

 

"Paradoxe"  est le premier tome de la future trilogie "Le complexe du chimpanzé". 

2035, Hélène Freeman est appelée par la NASA pour enquêter sur deux hommes, repêchés à bord de leur capsule spatiale dans l'océan. ils prétendraient être Neil Armstrong et Buzz Aldrin.

la révélation sera un choc.

partagée entre sa fille et son désir d'espace, Hélène Freeman partira en quête de réponses à ce paradoxe, d'abord vers la Lune, puis vers Mars. 

 

on a là une bd de SF/anticipation de tout premier ordre, avec un dessin efficace et un scénario qui fait rêver. certes, les deux prochains tomes ne sont pas encore sorti, mais j'ai confiance étant donné la nature du premier tome qui me fait vraiment saliver d'impatience!

qu'est-il arrivé aux deux astronautes? les expéditions appolo étaient-elle vraiment ce que l'on en disait? et quel rapport une soi-disant expédition russe  vers mars qui aurait eu lieu à la même époque?

 

pour ma part j'attends la suite, et je ne saurais que vous conseiller la lecture de cette excellente bd!